Comment j'ai chopé le virus de l'aviron à 40 ans bien tassés 

Tout a commencé à Maisons-Laffitte, pour l’école de mes 2 enfants, après une petite dizaine d’années en Asie. Et là, fatalement, il faut s'occuper, se remettre au rugby, tennis, équitation, vélo… et pourquoi pas quelque chose de nouveau : l’appel du club d'aviron a été le plus fort ! 

La phase découverte. 

Un moniteur d'anthologie qui nous demandait sans relâche de travailler le dégagé. Sauf que quand on n'est pas rompu au vocabulaire technique, ça s'entend vite comme un bon vieux "dégage, mais dégage !", suivi d'injonctions mystérieuses sur la préparation de pelle. À force, on finit par entendre les pelles, les pelles mais bordel qu’est-ce qu’elles ont mes pelles ! — mais heureusement on n’est pas seul à souffrir sur le bateau, on y passe chacun notre tour, et avec les BBQ on devient groupe. Bref l’ambiance attachante du club, avait déjà eu raison de moi. 

Portrait Fred B1
 
La phase apprentissage. 

On se muscle, certes — mais surtout à porter les yolettes plutôt qu'à ramer dessus. On apprend la technique dans l'ordre ou le désordre : bras, tronc, jambes… Ou dans l'autre sens, selon les jours et l'humeur du bateau et tu te dis “et les mains “ ? Je fais quoi de mes mains ? Une perplexité d’autant plus grande que l’on voit ses enfants faire tout mieux et plus rapidement…. Le tout sous un froid polaire, mains gelées, cul gelé, et une pluie bien française qui sont là pour nous rappeler que personne ne nous a forcés. On découvre aussi une subtilité sociale propre à l'aviron : certains ne disent pas bonjour parce qu'on n'a pas la même couleur de pelles. Rien de personnel. Juste une question de pelles…. Comme quoi il y en a partout… 

La confirmation  

Mais malgré tout, on progresse. La préparation de pelle s'améliore. La sortie de pelle aussi — même si elle peut toujours être améliorée, comme on se le rappelle régulièrement. On découvre qu’effectivement la force des jambes passe dans les pelles, que chaque sortie devient physique. Oui, l’aviron est un sport exigeant.  Et puis les équipages évoluent : du 5, on passe au 8, puis au 4, puis 2, puis au 1x sous-marin… Et enfin, le vrai 1x.  

Portrait Fred B2
Et là, la révélation.

Dès qu'on commence à sentir ses premières sensations de glisse, c'est le kiff absolu. Perturbé seulement par les péniches qui ne ralentissent pas, les lignes de pêcheurs tendues en traître, les attaques de silures — mais s'ajoutent heureusement aux nouvelles amitiés forgées de haute lutte dans les compétitions masters. 

Portrait Fred B3
Portrait Fred B4
Alors, dix ans après, à 50 ans bien passés : j'ai le virus, et je dis oui pour dix ans de plus.

Je me souhaite encore de goûter régulièrement et involontairement l’eau de la seine, de prendre des vagues, de toujours tout donner sur le bateau et surtout de partager encore beaucoup de ces moments d'amitié qui font toute la valeur de ce sport.

 
Vive le CERAMM !