CERAMM

Cercle des Rameurs Mansonniens et Mesnilois

 

AVIRON MAISONS - MESNIL

LUCY ET ALIZEE 10EME EQUIPAGE FRANÇAIS 2012 EN DEUX SANS BARREUR CADETTES.

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De notre envoyé spécial aux Championnats de France cadets cadettes 2012 sur le bassin du Lac d'Allier de Vichy du 6 au 8 juillet.

Pour la toute première fois de sa jeune histoire, l'école d'Aviron de Maisons-Mesnil avait réussi à qualifier deux équipages aux Championnats de France cadets, et cela dans la difficile catégorie du deux sans barreur.

 

 

Présentation des équipes
Qualifier deux équipages illustre la bonne santé de l’école d’aviron de compétition féminine du club, dans la discipline reine, la pointe. Le choix de l’armement répond à la volonté de revenir à des bases pédagogiques parfois délaissées : apprendre la pointe en deux sans barreur dès l’âge de cadet, c’est doter le jeune rameur du meilleur bagage technique, et la meilleure école de travail en équipage : par définition, ce bateau exige la fusion des rameurs ; et malgré les préjugés, il réussit très bien aux filles, naturellement adroites, qui l’adorent vite. Les courses de Vichy en 2- en ont été l’illustration, spectaculaires, mettant aux prises des équipages cadettes excellents techniquement.
Le navire amiral du club était composé de Lucy Pullen, toute jeune cadette 1ère année et déjà bourrée de qualités : métronome à la nage, sachant lancer des accélérations décisives, et sûre à la direction (qu’il est pourtant difficile de faire aller droit un deux sans barreur sur 1500 mètres avec une barre minuscule manœuvrée du bout des pieds sans zigzaguer entre des bouées distantes de seulement 13 mètres, une envergure de bateau de près de 7 mètres quand on a 15 ans alors qu’on va à reculons), et Alizée Baumert, sa complice de toujours, d’un an son aînée, d’une concentration totale pour épouser le coup de pelle de sa nage, et qui ne lâchera jamais rien dès lors que sa copine lance la bagarre : toutes deux formées à la classe biberon du club en « minimes », avec déjà 5 années d’aviron cumulées derrière elles, et récemment auréolées d’un titre de vices championnes de zone France nord ouest en juin dernier sur leur « bateau rose ». Venait ensuite l’équipage tout aussi complice et acharné de l’entraînement qu’il vente ou qu’il pleuve Constance David, formée elle aussi au club, et Gabrielle Cathala Sarfati (« notre » Gaby, transférée de chez nos amis de Port Marly en cours de saison, et devenue aussitôt un maillon indispensable de l’équipe cadette). Ce second équipage cumulant quant à lui moins deux fois moins d’années d’aviron que le 1er, c’est dire le mérite de sa qualification dans un choix aussi exigeant techniquement, l’équipage ayant été constitué seulement après Pâques, ce qui augure de belles promesses pour le futur.
L’équation à résoudre était d’une extrême simplicité : laisser à plusieurs encablures la moitié de l’armada des 23 meilleurs équipages nationaux venus en découdre sur le bassin de l’Allier à Vichy pour avoir le droit de rêver à une finale dimanche.
Lucy et Alizée ayant décidé de fêter à leur manière leurs anniversaires respectifs (les 5 et 6 juillet), on en salivait d’avance, notamment chez les anciens du circuit, entraîneurs, présidents de clubs, comités et ligue, curieux et ravis de voir un nouveau club se lancer dans la belle aventure du deux sans barreur cadettes, et que nous remercions pour tous les témoignages d’encouragement reçus tout au long de cette saison, y compris au micro de la tour d’arrivée : merci à tous vraiment !
La petite équipe avait effectué le dernier entraînement sur son bassin habituel entre le Mesnil et Port-Marly mercredi soir, et arrimé les coques sur la remorque de nos amis de Port Marly. Voyage sans encombre, au cours duquel tous les clubs Yvelinois se retrouvaient à la halte de midi sur l’autoroute.
Les deux équipages étaient arrivés jeudi à Vichy en compagnie de leurs coachs Pierre Drouard et Didier Garraud, et de leurs supporters.
Après déchargement et montage des bateaux, l’après midi de jeudi fut consacrée aux derniers réglages sur l’eau, reconnaissance des lignes d’eau et prise de repères du bassin de l’Allier.
Les bateaux avaient été montés et installés face au ponton d’arrivée.
Le camp de base était un gite en pleines collines bourbonnaises, déniché par notre inséparable complice Thierry Aligé, et partagé avec l’équipe de Beaumont Aviron, représentée par Lucy Liot, une des meilleures skiffeuses cadettes de France, habituée des finales en skiff depuis l’âge de minime.
Vendredi 6 juillet : séries et repêchages
Pour un anniversaire, la journée commençait hélas mal et la matinée laissait bien des regrets : débuts bien trop timides en séries de nos deux équipages cadettes, crispés par l'enjeu, l’ambiance, et la découverte du départ « au feu » (déclenché électroniquement depuis la cabine de contrôle sans drapeau), il s’en suivait un coup de pelle heurté et inefficace, voire même une incursion inhabituelle vers le couloir voisin se terminant par une pelle fichée sous une bouée après 250m de course, et nos rameuses spectatrices de leur propre course laissaient filer Dunkerque (certes futur champion) et Chambéry vers les 1/2 finales, sans jamais présenter leur vrai visage, loin derrière le sillage de l’escadre de tête.
Mais surtout, tout se compliquait : en raison du mauvais chrono réalisé en série et des nouvelles règles d’attribution des places de repêchage (plus équitables mais désormais sans pitié pour les équipages ayant eu la mauvaise idée de flâner en route en série), il fallait passer par un repêchage devenu du même coup très hasardeux face à Annecy, Strasbourg, Toul pour les deux équipages du Ceramm réunis dans un duel fratricide au sein de la même manche. Un duel particulièrement crispant et incertain entre équipages séparés d’une petite poignée de secondes s’annonçait, quand on sait les aléas qui peuvent égayer un 1500m.
L’heure du repêchage avançait : heureusement un allié inattendu se présenta : le ciel : un vent favorable soutenu de 3/4 s'était levé en début d'après midi rendant le bassin agité, et les appuis fuyants. La confiance revenait : désormais dans leurs conditions habituelles d'entraînement, Lucy et Alizée retrouvaient du même coup leur joli coup de pelle. Elles laissaient toutefois partir le favori Annecy, mais en s'appliquant méthodiquement à creuser l’écart sur leurs poursuivantes, pour laisser Alsaciennes et Lorraines à plusieurs encablures. Le principal à savoir la 2nde place qualificative étant acquis à 500 mètres de la ligne, et le bateau rose décidait de venir chatouiller les savoyardes dans les derniers coups de pelles. Mais l’effort se révélait insuffisant pour décrocher la 1ère place synonyme de meilleure ligne d’eau et de tirage plus favorable pour la ½ finale du lendemain. Malgré la qualification, la série ratée du matin aurait donc des conséquences jusqu’à la demi- finale, en imposant pour celle-ci un plateau très relevé. Mais l’heure était à la joie : qualifiées en demi-finale, synonyme de finale A ou B, Lucy et Alizée étaient le 1er équipage du club qualifié pour la grande fête des finales du Championnat de France, le dimanche. Résultat inespéré pour notre petit club et notre jeune école d’Aviron, qui plus est après moins de 4 mois sur cet armement puisque l’entraînement en deux sans barreur avait commencé seulement à la réception du bateau, fin mars : contrat rempli, bravo les filles, mais on va aller chercher mieux encore.
Le second équipage Gaby-Constance s’arrêtait quant à lui après le repêchage, sauvant toutefois l’honneur en distançant d’un quart de longueur le 3ème équipage Yvelinois de ces championnats, Meulan, prenant une (amicale) revanche sur les régates de zones : insuffisant toutefois pour passer en finale C, mais montrant que sa place dans ces championnats n'était pas usurpée, au terme d'une 1ère saison exemplaire pouvant laisser augurer de beaux lendemains en 2013.
Rendez vous donc samedi 14.30 sur le bassin de l'Allier pour une demi-finale relevée, où nos Yvelinoises vont tenter de sa frayer une place au soleil en face de deux gros bataillons : les nordistes (Dunkerque et Coudekerque) et la grande école d’aviron Rhône Alpes : Grenoble, Chambéry, Annecy. Très gros challenge en perspective.
Samedi 7 juillet : demi-finales
La journée commençait par un décrassage matinal en bateau à 07:30 sur un bassin de l’Allier transformé en miroir, en bord à bord avec l’équipage Constance – Gaby, éliminé de la veille, mais jouant pour l’occasion le rôle de sparring partner, admirable de solidarité avec leurs copines jusqu’au bout du week-end. On quittait le bassin prudemment 30 minutes avant la 1ère course du matin, de manière à éviter tout avertissement lourd de conséquence.
L’après-midi, face aux grosses écuries et aux grands gabarits du plateau, qui plus est dans des conditions de bassin moins favorables à nos poids plumes (léger vent contraire, bassin calme) où nos rameuses pouvaient moins faire parler l’avantage de leur maîtrise technique, l’écart en secondes issu des temps des séries s’annonçait insurmontable. Une seule solution donc pour tenter de décrocher le sésame d’une des trois premières places : s’accrocher au peloton et tenter le tout pour le tout sur la fin, plutôt que de faire la course loin derrière, ce qui aurait inévitablement conduit à un échec.
Les commentaires sur la mythique finale du deux sans barreur de Sydney avaient alimenté les conversations la veille au soir au gite et avivé l’ardeur de nos rameuses, comme symbole de ce qu’à l’aviron rien n’est impossible.  La tactique choisie fut appliquée tant bien que mal jusqu’aux 500 mètres. Mais les lois de la biomécanique sont ce qu’elles sont, et le bord à bord engagé en sur régime se révéla destructeur et ne put durer longtemps : notre équipage dut baisser pavillon face au long coup de pelle d’adversaires plus grandes d’une tête et d’un excellent niveau : du beau spectacle en tête de course entre les 3 qualifiés Chambéry (futur médaillé d’argent), Dunkerque (futur champion) et Coudekerque (futur 4ème dimanche) : de la belle compagnie.
Rendez vous en finale B dimanche
Dimanche 8 juillet : Finales
Finale B du deux sans barreur cadettes :
Eh oui, les petites puces du Ceramm vont encore faire parler le feu sur le bassin de l’Allier, dans leur bateau rose fétiche, au cours de cette finale B, comme nous l’allons conter.
Ambiance et foule des grands jours de finale devant le Palais du Lac. Le vent avait chassé pluie et nuages de la nuit et laissé place au soleil. La veille, l’entraîneur s’était relevé à minuit, comme d’autres, pour vérifier sous l’orage que les coques ne s’envolaient pas dans la tempête. Heureusement la ville de Vichy, habituée et prévoyante, avait lancé des fusées pour éviter une grêle destructrice. Tous les bateaux étant intacts, y compris le bateau rose, la fête pouvait commencer, d’autant plus que le vent était de nouveau favorable et soutenu, encore des conditions favorables à nos poids plumes : vagues, bassin technique où il fallait avant tout savoir ramer pour trouver immédiatement ses appuis, rien de tel pour donner le moral à notre équipage, habitué à faire une grosse partie de sa dose d’entrainement en Seine pelles au carré, dans les vagues des péniches.
Et elles montèrent au départ avec le sourire, bien décidées à se hisser dans les 10 premiers bateaux français et pas seulement de se contenter d’être dans les 12. On allait voir ce qu’on allait voir.
La course fut de bout en bout simplement somptueuse.
Habituées à travailler, décortiquer, et retravailler encore leur « école du départ » à l’entraînement, Alizée et Lucy s’installèrent en tête sans discussion dès les 1ers coups de pelles, prenant après 100 mètres un quart de longueur à la flottille des poursuivantes, toutes exactement bord à bord, pour prendre ensuite le train à 32 coups minutes. Avec un coup d’aviron fluide et bien rythmé, ce capital se transforma sans puiser dans les réserves en une demi-longueur aux 750 mètres : de la belle ouvrage.
C’est alors Bayonne, vexée, se réveilla, fit l’effort, et pointa sa boule devant. Puis ce fut au tour d’Annecy. Le bateau rose revint en bord à bord. On en était maintenant aux 1000 mètres.
Mais les Basques remirent ça ; puis Annecy attaqua à nouveau.
C’était trop de ruptures de cadence pour nos rameuses qui n’avaient sans doute pas été loin de tutoyer la zone rouge pour rester en bord à bord et baissaient maintenant de puissance. Et la SNO passait pour la  1ère fois devant le Ceramm. Et Grenoble aux trousses. Bayonne et Annecy avaient maintenant plus de deux longueurs d’avance. L’écroulement semblait promis sur la fin de course.
Mais nos deux cadettes avaient gardé des ressources, fruit de la rigoureuse préparation hivernale et du programme final d’entraînement préparé par notre amie Dominique Poulain, notre charmante préparatrice physique, diététicienne du sport, et bien sûr championne d’aviron.
A 200 mètres de la ligne, malgré les réponses aux attaques qui avaient fusé de toutes parts, Lucy et Alizée trouvèrent les ressources pour lancer un enlevage, et la lucidité de le construire posément, sans se durcir ni jamais sacrifier la longueur du coup d’aviron. Une remontée de toute beauté, qui mit l’excellent speaker Président de Nancy en émoi, mais hélas lancée un peu trop tardivement, pour venir mourir, au sens propre, telle la chèvre de Monsieur Seguin, à la 4ème place, à 3’’56 de Bayonne, 2’’71 d’Annecy, 1’’77 de la SNO, juste devant Grenoble revenu lui aussi très fort à 0’’56  et 11’’ devant Mimizan, qui n’avait pu tenir le rythme de l’explication de la tête de course.
La finale A se courut également au bout du suspense, Dunkerque coiffant Chambéry et Lyon sur le fil au cours d’une magnifique arrivée.
Finalement, les cinq 1ers bateaux de « notre » finale B se classaient dans les temps de la finale A. 10ème deux sans barreur français au classement des finales, Lucy et Alizée se classent 9èmes au Chrono des finales de ces championnats de France 2012. Résultat inespéré pour notre petit club, nos deux rameuses étant en outre les plus petits gabarits de la catégorie CF2-, ce qui témoigne d’un très bon niveau technique, mais avec quand même une petite pointe de regret d’être passé à côté de quelque chose de plus grand : celle qui donne envie au rameur de gravir des montagnes l’année suivante.
Un très grand moment d’Aviron fut en fin de matinée la finale A du quatre sans barreur masculin, au cours de laquelle nos grands amis du Rowing club de Port Marly se sont classés 4ème équipage français à 1’’79 du podium, malgré le remplacement d’un rameur titulaire à la dernière minute avant ces championnats. Une finale courue dans un temps extrêmement rapide après un bord à bord indécis entre les 6 équipages jusqu’aux 1250 mètres. Bravo les cadets du RCPM, rendez-vous en 2013, vu ce que vous avez démontré cette année.
Notre amie Lucie Liot termina quant à elle 3ème de la Finale C, soit 15ème skiffeuse cadette de France, tout comme sa petite sœur Virginie, minime 1ère année une semaine plus tôt sur son skiff rose « Barbie ». Bravo.
Bravo les filles et merci les artistes pour le show, le suspense, et les larmes d’émotion. Il n’y eut finalement jamais besoin de sortir le défibrillateur pour l’entraîneur au cours du week-end même s’il s’en fallut de peu.
Merci à toutes et à tous pour ces grands moments, dont notre beau sport a le secret. Nos cadettes ont emmagasiné des souvenirs pour la vie, et nous avec.
Nous nous sommes promis de revenir en 2013 revivre la même fête. Mais nous savons que la participation à celle-ci est incertaine : il faudra de nouveau venir la chercher et la mériter comme vous l’avez magnifiquement méritée mesdemoiselles cette année, par votre enthousiasme et votre camaraderie, votre persévérance dans les longues sorties d’hiver, la souffrance des kilomètres de bateau en B1 patiemment accumulés qui rendent invincibles au printemps, les footing le soir, les exercices pelles au carré répétés encore et encore sur la Seine agitée, les tests sur l’ergomètre, les têtes de rivière de l’hiver et les régates du printemps.
Bonnes vacances à tous, revenez avec la même énergie en septembre, surtout trouvez parmi vos amis vos futurs équipières et équipiers, transmettez leur votre passion, pour tenter la nouvelle aventure dans de nouveaux équipages : imaginez seulement le bonheur d’un nouveau deux sans barreur ou d’un quatre barré chez les filles (quel bonheur que l’école de la pointe chez les filles), en attendant un huit d’ici deux à trois ans, et celui enfin d’un 1er équipage qualifié chez les garçons : ces seules visions doivent nous conduire à travailler et nous motiver toute la saison 2013 pour transformer le rêve en réalité comme vous avez su le faire si bien cette saison. Prenez soin de vous en vacances, à bientôt sur l’eau, l’école d’aviron reprend début septembre (si certains rentrent fin août, on sera là) !!!
Pierre

Pierre Drouard
Entraîneur de l’école d’Aviron
Diplômé de la FFSA
Et voici un lien avec la galerie photos du site © FFSA tirées du site FFSA, en attendant que nous mettions en ligne les clichés pris sur place par nos supporters
http://www.avironfrance.fr/GaleriePhotos/index.php?gallery=Photos_2012/C_Championnat_de_France_cadet_et_junior_Vichy
Lien avec les classements (choisir FC2- : deux rameuses cadettes en pointe, sans barreur)
http://www.avironfrance.fr/Resultats/Resultats.php?Regate=2012008&Epreuves=tout